CATHERINE

FAYARD

L’art du paysage n’a plus de qualités historiques. Plus encore, est-il possible de voir un morceau de nature dans une œuvre qui se donnerait comme paysage ? Rien de moins évident car les modalités de spatialisation ont elles-mêmes changé. Si l’histoire de l’art a défini le paysage comme une fenêtre ouverte sur le monde, permettant ainsi une transparence bien qu’illusionniste par le procédé de la perspective, la modernité a peu à peu modifié cette transparence. Il s’agit notamment de la disparition de la ligne d’horizon et des pratiques de all-over. La question de la délimitation a été modifiée par l’introduction de l’abstraction qui est venue perturber les repères spatiaux qui associent ordinairement notre rapport sensoriel au monde réel. La transformation de la profondeur en surface à changer la perception et l’a pour ainsi dire troublée. C’est ainsi que le paysage ne ressemble plus à un morceau de nature. Ce sont des brouillards ou des brumes, des isolats ou des lignes, des sites et des non-sites. Dans ces circonstances, l’expérience du paysage est comparable à notre expérience de l’art : comment voir ce qui ne se saisit pas spontanément comme de la nature ou comme jouissance esthétique immédiate ?

Corinne Rondeau, Maitre de conférence Esthétique et Sciences de l’Art à l’Université de Nîmes, critique d’art et collaboratrice à la Grande Table sur France Culture

Comuniqué de Presse, Drawing Room 010, Galerie Vasistas

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